
(Robert Laffont, 2008, 390 pages)
J’ai beaucoup aimé !
Tout d’abord j’ai eu du mal à trouver le livre en librairie pour un achat de Noël ; il était toujours en réimpression. Ensuite, j’ai aimé sa présentation : la photo de couverture, et celles qui ponctuent en deux parties la lecture ainsi que les photocopies des lettres manuscrites des dernières pages, celles de Montand, Prévert, Gainsbourg, Modiano, Berger, Nougaro, Stockausen, Aury et Mireille.
Enfin et surtout, j’ai apprécié, outre le style lui-même, soigné et concis, la répartition en paragraphes courts et réguliers des différentes étapes de sa vie. La lecture en est très aisée et j’ai fini ce gros livre en très peu de temps. A la fin, je regrettais qu’il soit si court !
De Françoise Hardy, chanteuse, je garde surtout des souvenirs liés à ma propre vie. Sa découverte à la télévision avec sa chanson fétiche, Tous les garçons et les filles (Je l’ai trouvée si jolie !) coïncidait avec celle des longues descentes à ski des sœurs Goitschel en noir et blanc. Puis je l’ai admirée régulièrement dans ses apparitions télé assez rares. On parlait peu d’elle dans les médias. On savait qu’elle était avec Jacques Dutronc, devenu plus acteur que chanteur, qu’ils avaient une maison en Corse, qu’elle s’occupait d’astrologie et finalement que son fils Thomas était devenu un guitariste et un chanteur très estimé.
Après lecture de son livre, je sais que c’est une femme intelligente, sensible, solitaire, curieuse de spiritualité, courageuse face à la maladie, sans doute mère poule, fragile et passionnée. Je l’aime beaucoup. Sa lucidité et sa sincérité m’impressionnent. Ses rapports familiaux douloureux, sa culpabilité envers sa sœur, sa violence exigeante aussi humanisent l’icône médiatique qu’elle demeure.
Sa vie fut riche en passions diverses. Ses dernières phrases se veulent apaisées :
« Le printemps que j’attends toute l’année passe de plus en plus vite et mon cœur se serre en pensant au peu de fois qu’il me reste à voir refleurir les lilas, quand bien même je veux croire que leur beauté, comme toute forme de beauté, nous donne un aperçu de l’au-delà.(…) Quand je ne suis pas trop fatiguée et que le temps le permet, je vais me promener au parc de Bagatelle. (…) J’y ai repéré quatre arbres dont je me suis arbitrairement instituée l’amie. (…) Je vais régulièrement les saluer et les complimenter. S’il n’y a personne en vue, j’entoure de mes bras, l’un après l’autre, le tronc puissant de chacun des deux hêtres , pour qu’il me donne un peu de son énergie si c’est en son pouvoir, et je le remercie en partant.
Mais mon arbre préféré se tient discrètement à l’écart et ne ressemble à aucun autre. (…) Il s’appelle le « désespoir des singes ».
Bien sûr, c’est un succès facile et assuré puisque très médiatisé, bien sûr la notoriété de chanteuse connue aide la vente du livre mais je ne regrette pas cet achat. Les bibliothèques, la mienne du moins, ne l’achèteront pas facilement et bientôt on ne le trouvera plus en vente. . La gloire de ces autobiographies est très éphémère.
Mais sans être une groupie, je suis une lectrice compulsive et je ne boude jamais mon plaisir littéraire, quel qu’il soit.
Je n’y peux rien : j’aime ce genre des confessions intimes. Alors, demain, je vais me précipiter sur le dernier journal de Pascal Sevran : comment s’appelle-t-il déjà ? Il est peut-être déjà paru ?
J’y cours ! On ne se refait pas !