Affichage des articles dont le libellé est Autobiographie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Autobiographie. Afficher tous les articles

jeudi 9 avril 2009

Où on va papa? de Jean-Louis Fournier



Où on va papa? de Jean-Louis Fournier
Stock, sept 2008, 155 p.

En choisissant ce livre, je savais qu'il s'agissait d'un sujet très sensible : deux enfants handicapés dans la même famille, et que j'allais être émue: je l'ai été. Ce livre n'est cependant pas dénué d'humour et le style n'est pas du tout larmoyant. Je l'ai lu d'un trait en moins de deux heures et je ne suis pas prête de l'oublier! C'est un livre difficile à résumer. Il faut laisser parler l'auteur, le père des enfants. Voici les dernières phrases.

"Je ne sais plus bien qui je suis , je ne sais plus très bien où j'en suis, je ne sais plus mon âge. je crois toujours avoir trente ans et je me moque de tout. J'ai l'impression d'être embarqué dans une grande farce, je ne suis pas sérieux, je ne prends rien au sérieux. Je continue à dire des bêtises et à en écrire. Ma route se termine en impasse, ma vie finit en cul-de-sac."

jeudi 2 avril 2009

"Petits poisons" de Stanislas Merhar



"Petits poisons" de Stanislas Merhar, (Fayard, 2008, 136 p.)

C'est un tout petit livre comme j'aime en lire après un très gros volume, mais c'est un livre très émouvant. Une belle surprise! Sans prétention! Ce n'est pas un roman, ni un journal intime, peut-être une autobiographie, mais alors très brève et légère, comme on peut en écrire à 37 ans, L'auteur est acteur. C'est la couverture qui me l'apprend. Il a reçu le César du meilleur espoir masculin en 1998. Il a aussi été pianiste et doreur sur bois.Il peint, il écrit, c'est un artiste!

C'est aussi un amoureux...malheureux! Il aime des bretonnes qui s'en vont ... et le quittent." Petit Poison" est d'ailleurs le surnom de la dernière, mais des petits poisons qui le minent, il en a plein d'autres.

Il est surtout et avant tout, fils de son père, suicidé, et toujours et encore remémoré,fils de sa mère avec qui il vit et dont il contrôle la respiration chaque nuit, désespéré à l'idée de pouvoir la perdre aussi.

Le récit est ainsi, écrit par petites touches pudiques, avec des phrases très courtes . C'est comme un chant triste et mélancolique. Une petite musique nostalgique des jours enfuis. Un joli livre!

mardi 24 février 2009

Alain Rémond; Comme une chanson dans la nuit




Comme une chanson dans la nuit de Alain Rémond

Par hasard, je suis tombée sur ce petit volume bleu nuit tout simple et le nom de l'auteur m'a donné envie de le lire : Je ne regrette pas ce choix. Alain Rémond, pour moi, jusqu'ici , c'était celui qui écrivait dans Télérama , La Croix, celui qui apparaissait dans:Arrêt sur images et celui qui continue son métier de journaliste dans Marianne. Je l'aimais bien mais je ne le connaissais pas vraiment. Grâce à ce volume qui est comme le troisième tome de sa biographie,il se livre davantage encore, après avoir évoqué son enfance et sa jeunesse dans :Chaque jour est un adieu et Un jeune homme est passé, il révèle ici ses blessures, ses fêlures, ses désillusions d'adulte ayant perdu sa place dans le journal qu'il aimait, ses souvenirs de frère heureux et malheureux , de fils de parents qui se faisaient la guerre après la vraie, la grande, celle du débarquement en Normandie où ils vivaient et où ils ont risqué la mort avant de tout quitter pour se réfugier en Bretagne, la terre de ses ancêtres. Il a eu une enfance heureuse avant les drames du divorce et du suicide de sa soeur.Son éducation chrétienne l'a porté jusqu'au noviciat dans l'espoir de devenir prêtre avant que tout ne bascule et prenne une direction très différente. Il évoque son amitié pour Signoret et Montand, sa surprise en découvrant un rapprochement possible entre Salinger qu'il aime tant et l'histoire de sa propre famille, à Mortain, là où tout a chaviré. J'ai beaucoup aimé ces aveux si sensibles et discrets pourtant.Alain Rémond ne cherche pas à émouvoir à tout prix. j'ai surtout apprécié sa sincérité sans révolte et sans complaisance. Il s'étonne des hasards de son existence, s'interroge sur son passé, avec ses succés et ses erreurs. On le sent fragilisé d'avoir dû quitter l'équipe de son journal, mais résigné et courageux à la fois. C'est un livre qui me donne envie de lire d'autres livres de cet auteur.

mercredi 28 janvier 2009

"Le désespoir des singes" de Françoise HARDY

Le Désespoir des Singes …et autres bagatelles de Françoise HARDY
(Robert Laffont, 2008, 390 pages)
J’ai beaucoup aimé !
Tout d’abord j’ai eu du mal à trouver le livre en librairie pour un achat de Noël ; il était toujours en réimpression. Ensuite, j’ai aimé sa présentation : la photo de couverture, et celles qui ponctuent en deux parties la lecture ainsi que les photocopies des lettres manuscrites des dernières pages, celles de Montand, Prévert, Gainsbourg, Modiano, Berger, Nougaro, Stockausen, Aury et Mireille.
Enfin et surtout, j’ai apprécié, outre le style lui-même, soigné et concis, la répartition en paragraphes courts et réguliers des différentes étapes de sa vie. La lecture en est très aisée et j’ai fini ce gros livre en très peu de temps. A la fin, je regrettais qu’il soit si court !
De Françoise Hardy, chanteuse, je garde surtout des souvenirs liés à ma propre vie. Sa découverte à la télévision avec sa chanson fétiche, Tous les garçons et les filles (Je l’ai trouvée si jolie !) coïncidait avec celle des longues descentes à ski des sœurs Goitschel en noir et blanc. Puis je l’ai admirée régulièrement dans ses apparitions télé assez rares. On parlait peu d’elle dans les médias. On savait qu’elle était avec Jacques Dutronc, devenu plus acteur que chanteur, qu’ils avaient une maison en Corse, qu’elle s’occupait d’astrologie et finalement que son fils Thomas était devenu un guitariste et un chanteur très estimé.
Après lecture de son livre, je sais que c’est une femme intelligente, sensible, solitaire, curieuse de spiritualité, courageuse face à la maladie, sans doute mère poule, fragile et passionnée. Je l’aime beaucoup. Sa lucidité et sa sincérité m’impressionnent. Ses rapports familiaux douloureux, sa culpabilité envers sa sœur, sa violence exigeante aussi humanisent l’icône médiatique qu’elle demeure.
Sa vie fut riche en passions diverses. Ses dernières phrases se veulent apaisées :
« Le printemps que j’attends toute l’année passe de plus en plus vite et mon cœur se serre en pensant au peu de fois qu’il me reste à voir refleurir les lilas, quand bien même je veux croire que leur beauté, comme toute forme de beauté, nous donne un aperçu de l’au-delà.(…) Quand je ne suis pas trop fatiguée et que le temps le permet, je vais me promener au parc de Bagatelle. (…) J’y ai repéré quatre arbres dont je me suis arbitrairement instituée l’amie. (…) Je vais régulièrement les saluer et les complimenter. S’il n’y a personne en vue, j’entoure de mes bras, l’un après l’autre, le tronc puissant de chacun des deux hêtres , pour qu’il me donne un peu de son énergie si c’est en son pouvoir, et je le remercie en partant.
Mais mon arbre préféré se tient discrètement à l’écart et ne ressemble à aucun autre. (…) Il s’appelle le « désespoir des singes ».
Bien sûr, c’est un succès facile et assuré puisque très médiatisé, bien sûr la notoriété de chanteuse connue aide la vente du livre mais je ne regrette pas cet achat. Les bibliothèques, la mienne du moins, ne l’achèteront pas facilement et bientôt on ne le trouvera plus en vente. . La gloire de ces autobiographies est très éphémère.
Mais sans être une groupie, je suis une lectrice compulsive et je ne boude jamais mon plaisir littéraire, quel qu’il soit.
Je n’y peux rien : j’aime ce genre des confessions intimes. Alors, demain, je vais me précipiter sur le dernier journal de Pascal Sevran : comment s’appelle-t-il déjà ? Il est peut-être déjà paru ?
J’y cours ! On ne se refait pas !